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Chapitre 2 : 💎L’Énigme du Sang Noir / Le Manoir des Ombres

Chapitre 2 : Le Manoir des Ombres


La pluie de Seattle n’est pas une simple météo, c’est une compagne collante. Ce soir, elle martèle le toit de ma vieille berline alors que je remonte l’allée interminable du domaine Amarok. Le manoir ressemble exactement à ce qu’on attendrait d’un magnat de la technologie doublé d’un prédateur ancestral : un mélange brutaliste de verre noir, d’acier et de roche grise, niché au cœur d’une forêt qui semble vouloir reprendre ses droits sur le béton.

— Rappelle-moi pourquoi on ne fait pas ça par vidéo, Selas ?

Je grommelle en ajustant mon sac sur mon épaule. Ah oui, parce que les loups-garous préfèrent le contact physique et les contrats écrits avec le sang.

Je sors de la voiture. L’humidité sature instantanément mes cheveux roux. Je ne porte pas de robe de soirée — je ne suis pas là pour une valse — mais un pantalon de cuir noir et une veste cintrée qui dit « je peux t’autopsier si tu me touches » plutôt que « sers-moi un verre ».

La porte massive pivote sans un bruit avant même que j’aie pu lever la main vers le heurtoir. Ce n’est pas Valerius qui m’accueille.

L’homme qui se tient là est plus jeune, plus massif. Il dégage une odeur de terre mouillée et de violence contenue qui fait hurler mon instinct de survie. Ses yeux dorés me parcourent avec un mépris qui n’a rien de civilisé.

— La légiste, crache-t-il. Mon frère a vraiment perdu la tête. On ne laisse pas une humaine entrer dans le sanctuaire avec ses scalpels et son odeur de produit chimique.

— Enchantée. Je suppose que vous êtes Hakon ? Celui dont on dit qu’il est le bras droit et le problème de gestion de la colère de la famille ?

Hakon se tend. Ses muscles roulent sous son t-shirt trop serré. Il fait un pas vers moi, envahissant mon espace personnel avec la grâce d’un poids lourd.

— Tu devrais surveiller ta langue, petite chose. Ici, les os se brisent plus vite que le reste.

Je soutiens son regard sans ciller.

— Si tu comptes me dévorer, fais-le maintenant. J’ai un emploi du temps chargé.

— Hakon. Ça suffit.

La voix de Valerius tombe, tranchante. Il apparaît au haut de l’escalier en colimaçon. Une silhouette d’une élégance glaciale. Il porte une chemise blanche dont les manches sont légèrement retroussées, révélant des avant-bras puissants.

— Laisse-la passer. Elle est mon invitée. Sous mon contrat.

Hakon grogne — un vrai son animal, guttural — mais il s’écarte. Ses yeux dorés ne me quittent pas d’une semelle alors que je pénètre dans le hall immense.

— Désolée pour la boue, Valerius.

Je lance ça en montant les marches.

— Mais votre allée ressemble à un parcours d’obstacles.

— Ma meute apprécie la nature brute, Selas. Bienvenue chez moi.

Ses yeux gris acier scrutent mon visage. Lorsqu’il s’approche, je sens cette chaleur magnétique à nouveau. C’est presque étouffant. Il ne me touche pas, mais il se tient assez près pour que je sente l’air saturé de tension.

— Vous n’avez pas apporté de gilet pare-balles ? il demande avec une lueur d’amusement dans le regard.

— J’ai mon sarcasme.

Il esquisse un sourire. Celui-là même qui me fait regretter de ne pas avoir bu un café plus fort avant de venir.

— Suivez-moi. Les archives sont dans l’aile ouest. Hakon restera ici pour… s’entraîner sur quelque chose d’inanimé, je l’espère.

Nous traversons des couloirs sombres où des œuvres d’art abstrait côtoient des trophées dont je préfère ne pas connaître l’origine. Valerius marche avec une grâce prédatrice. Ses pas ne font aucun bruit sur le marbre.

— Pourquoi ce corps, Valerius ?

Je redeviens la femme de science.

— Pourquoi cet homme portait-il une version synthétique du Sang Noir ?

Il s’arrête devant une double porte en chêne massif.

— Parce que quelqu’un essaie de prouver que mon sang est une arme hors de mon contrôle. Le Sang Noir n’est pas qu’une drogue, c’est une déclaration de guerre bio-chimique. On prélève nos membres, on distille leur essence, et on la revend à des mercenaires qui se prennent pour des dieux pendant dix minutes avant que leur cœur n’explose.

Il ouvre les portes. Une bibliothèque immense s’offre à moi. Des milliers de dossiers, de parchemins et de serveurs informatiques.

— Tout est ici.

Il désigne une table en acajou où une pile de documents m’attend déjà.

Je m’approche, déjà fascinée par la mine d’informations. Mais au moment où je tends la main vers le premier dossier, Valerius pose la sienne sur la mienne. Sa peau est brûlante. Le contact est électrique. Un rappel brutal que je ne suis pas face à un simple client, mais à un homme qui me voit comme une pièce maîtresse de son jeu.

— Une condition, Selas, il murmure en se penchant vers moi. Sa voix vibre contre mon oreille.

— Je savais qu’il y avait un astérisque en bas de page.

Ma réplique sort alors que j’ai le souffle court.

— Vous ne quittez pas ce manoir sans mon escorte. Ma meute est nerveuse, et Hakon n’est pas le seul à vouloir goûter à la « Petite Flamme » qui ose défier l’Alpha.

Je lève les yeux vers lui. À cette distance, je peux voir l’éclat doré qui commence à dévorer le gris de ses pupilles. L’instinct me dit de fuir, mais ma curiosité me cloue au sol.

— Je sais me défendre, Valerius.

— Je n’en doute pas. Mais le verre qui tranche a besoin d’un cadre pour ne pas se briser, Selas.

Il retire sa main. Il me laisse une sensation de vide insupportable sur la peau.

— Travaillez. Je serai juste à côté. Ne me faites pas regretter de vous avoir laissé entrer dans ma tête.

Alors qu’il s’éloigne, je regarde le premier dossier. Le logo d’une entreprise pharmaceutique apparaît en haut de page. Le jeu ne fait que commencer.

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Fin du chapitre 2

Hook: « Archives et Instincts »

Tagline: « Entre les dossiers secrets et l’Alpha, le danger change de visage. »

Mots-clés : Manoir Amarok, Hakon, Archives, Tension sensorielle, Pacte, Sang Noir.

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