Chapitre 1 : Une Rencontre Électrique
Du point de vue de Sophia
Mon père m’avait toujours prévenue que le monde dans lequel nous vivions était dangereux, mais rien ne m’avait préparée à l’ouragan qu’était Ulysse. Ce matin-là, je me trouvais dans le salon familial, une vaste pièce ornée de boiseries sombres et de portraits de famille. Mon père, Enzo, discutait affaires avec ses hommes de main. Je connaissais la plupart d’entre eux depuis l’enfance, mais l’homme qui se tenait près de lui ce jour-là était un étranger.
Il se nommait Ulysse, et dès le premier regard, je fus captivée par son allure mystérieuse. Grand, élancé, vêtu d’un costume sombre qui épousait parfaitement sa silhouette athlétique, il dégageait une aura de danger et de charisme. Ses yeux, d’un bleu perçant, semblaient lire en moi avec une intensité troublante. Je détournai le regard, le cœur battant plus vite.
— Sophia, viens ici, appela mon père d’une voix autoritaire.
Je m’approchai, essayant de masquer mon trouble. Mon père me présenta brièvement à Ulysse, insistant sur le fait qu’il était désormais son bras droit. Ulysse me tendit la main, et quand nos doigts se touchèrent, une décharge électrique parcourut mon corps.
— Enchantée, murmurai-je en essayant de ne pas rougir.
— Le plaisir est pour moi, répondit-il, un sourire en coin.
La journée passa en un flou. Mes pensées revenaient sans cesse à ce moment, à la chaleur de sa main dans la mienne, à la manière dont ses yeux semblaient percer tous mes secrets. Je savais que je devais me méfier, mais quelque chose en lui m’attirait irrésistiblement.
Ce soir-là, alors que je me retirais dans ma chambre, je l’entendis discuter avec mon père dans le bureau adjacent. Leur conversation était animée, marquée par des éclats de voix étouffés. Je ne pouvais distinguer les mots, mais le ton était clair des affaires importantes étaient en jeu.
Du point de vue d’Ulysse
Depuis que j’avais accepté de travailler pour Enzo, je savais que ma vie ne serait plus jamais la même. Pourtant, je ne m’étais pas attendu à rencontrer Sophia. Dès l’instant où nos regards s’étaient croisés, j’avais senti un lien inexplicable se former entre nous. Une attraction interdite, dangereuse.
Enzo m’avait confié des tâches délicates, des missions où l’échec n’était pas une option. Mais ce soir, alors que je discutais des détails de notre prochaine opération, mon esprit ne cessait de retourner à Sophia. Sa beauté, ses yeux d’un vert envoûtant, et cette étincelle qui brillait en elle. Je savais que m’approcher d’elle était risqué, mais quelque chose en moi ne pouvait s’en empêcher.
Le lendemain, je la trouvai dans le jardin, lisant sous un chêne centenaire. La lumière du matin jouait dans ses cheveux, les faisant briller comme de l’or. Je m’approchai, mon cœur battant plus fort à chaque pas.
— Sophia, bonjour, dis-je en m’efforçant de paraître calme.
Elle leva les yeux de son livre et me sourit.
— Bonjour, Ulysse. Que me vaut l’honneur de votre visite ?
Je m’assis près d’elle, à une distance respectable. Nous parlâmes de tout et de rien, évitant soigneusement les sujets sensibles. Mais à travers nos échanges légers, une tension palpable montait, un désir que nous n’osions pas exprimer.
Du point de vue de Sophia
Les jours suivants furent marqués par une routine troublée. Ulysse était partout où j’allais, et chaque rencontre renforçait l’attirance que je ressentais pour lui. Nous partagions des regards furtifs, des sourires timides, mais jamais plus. La peur de décevoir mon père, de trahir sa confiance, me retenait.
Un soir, alors que je rentrais d’une sortie avec des amis, je le trouvai dans le hall, seul, pensif. Ses yeux se levèrent à mon approche, et l’émotion que j’y lus me coupa le souffle.
— Sophia, murmura-t-il, sa voix chargée de sentiments réprimés.
— Ulysse, qu’y a-t-il ? Vous semblez troublé.
Il se rapprocha, son regard intense ancré dans le mien.
— Il y a tant de choses que j’aimerais vous dire, mais je ne peux pas.
— Pourquoi pas ? Nous sommes seuls ici, personne ne nous entendra.
Il soupira, luttant visiblement contre lui-même.
— Parce que si je cède à ce que je ressens, je vous mettrai en danger. Et c’est la dernière chose que je veux.
Son aveu m’ébranla. Tout en moi hurlait de franchir la distance qui nous séparait, de l’embrasser et de balayer toutes ces craintes. Mais je savais qu’il avait raison. Dans notre monde, l’amour pouvait être une faiblesse mortelle.
— Alors ne dites rien, répondis-je finalement, la voix tremblante. Laissons les choses comme elles sont, pour l’instant.
Il hocha la tête, un sourire triste sur les lèvres.
— Vous avez raison, Sophia. Mais sachez que je suis là.
Cette nuit-là, je trouvai le sommeil difficile à atteindre. Mon cœur et mon esprit étaient en conflit, tiraillés entre le désir et la raison. Ulysse avait allumé en moi une flamme que je ne pouvais éteindre, et je savais que, tôt ou tard, nous devrions faire face à cette passion interdite.
